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Que sommes nous devenus... | 03 juillet 2005

 Notre façon de se déplacer d'une fleur à l'autre, d'un nénuphar à l'autre a bien changé depuis le temps. Maintenant, nous voyageons plutôt en caravane avec plusieurs petits mulets.

Nous ne nous déplaçons plus sans le lit pliable, la chaise-haute pliable, mais toutes ses choses qui se ventent d'être plus que petites, prennent ensembles, une place immense.

 

Nos week-ends étaient : vin, bière, fumer, fumer et encore fumer, accessoirement manger, ne pas trop dormir, ne pas trop bouger parce que ça nous donnerait moins de temps pour refaire le monde. On refaisait le monde parfois dans le détour d'un sentier, mais c'est si le temps était parfait.

 

Maintenant, c'est préparer des repas, des biberons, laver des biberons, moucher, habiller, déshabiller, mettre des couches, enlever des couches et repréparer des repas. Vers 21h00, quand ils dorment tous, nous sommes un peu vannés, on se dit que le lit serait parfait.

 

Quand par ce beau samedi matin, après une soirée extraordinaire où nous avons vu un spectacle génial (Pierre Lapointe), Gwen et moi réussissons à nous asseoir ensemble pour boire notre café froid.  Nos hommes coupent des fraises pour le repas, Vincezo roupille tranquille et Gaëlle s'applique à ne pas le réveiller. Nous nous surprenons toutes les deux à aimer cette vie. BOUM! J'entends les petits pas de Gaëlle, elle cherche. Quand elle me voit, elle fond en larme : « Mamamannnnnnn! Bobobobobo! » Je la prends, sèche ses larmes, un câlin tout doux. Je lui demande où elle s'est fait mal et elle me pointe un point imaginaire vers la pièce d'à côté. C'est le classique.

-         Où as-tu laissé ton mouton doux?

 

Elle descend de mes genoux et part à la recherche de Mouton doux en répétant : Ton-Dou? Ton-dou?

Je surprends Gwen qui observe Vinceszo, le regard brouillé de tendresse. Je ne la taquinerai pas parce que je faisais pareille en observant Gaëlle me regarder préparer le petit déjeuner assise sur le comptoir quelques minutes plus tôt.

 

À entendre tout le monde, la vie avec un enfant devient un goulag suffoquant. Je ne trouve pas moi. J'aime ça...

 

 

Publié par Zuby à 18:46:06 dans Laissez-moi vous montrer le monde avec mes yeux | Commentaires (0) |

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