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    C'est mal perçu de vouloir devenir une super women !

    -         Mais ma pauvre ! Tu en fais beaucoup trop! Il faut que tu lâches les gaz!

    -         Il faut savoir choisir, savoir prioriser et laisser faire le reste.

     

    Comme si notre désire de faire mieux remettait en pleine face de notre interlocuteur, son propre manque de rigueur ou de discipline. Comme si tout cela n'était qu'une question de rigueur et de discipline... Pffff! Toute personne qui veut maigrire ou arrêter de fumer vous dira que ce n'est pas QUE ça.

     

    Je n'ai jamais caché mon penchant pour le désordre, le chaos et la dernière minute. Quand je suis retournée travailler en janvier, j'avais, déjà là, constater qu'une mère au boulot  et  l'anarchie  ne faisaient pas bon ménage.

    Mais avec cette rentrée complètement folle, je n'ai eu d'autres choix que de revêtir mon collant et ma cape. Il faut dire que je partais de loin, de très loin, de trop loin. Malgré toute la bonne volonté de ma maman de faire de moi un être humain pas plus que  propre, j'ai toujours trouvé les tâches ménagères inutiles et pure perte de temps.

     

    J'explique très mal le changement. Que s'est-il passé entre ce moment où j'ai dû pousser mon assiette du souper pour prendre mon petit déjeuner et aujourd'hui où sitôt la table quittée, sitôt nettoyée ? Que s'est-il passé entre le moment où je piétinais les jouets de Gaëlle pour me rendre à la cuisinière et aujourd'hui, je ne peux plus me coucher si ma table n'est pas nickel et si je ne peux pas me coiffer en me mirant dans mon évier? Que je ne peux plus quitter la maison si les lits soient faits?

     

    À part la petite lumière qui s'est allumé dans ma tête? Je ne sais pas comment j'ai décidé que le chaos reprendrait la place qui lui est dû, c'est-à-dire dans le fond des placards, sous les lits et dans mon sac à main.


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  • Je savais qu'avoir un enfant, ça changeait une vie, mais jamais je n'aurais imaginé que les choses allaient se passer comme ça. Jamais je n'aurais imaginé que je deviendrais ce genre de mère.

    Je le savais que j'allais finir par vous casser les oreilles avec ça... Si ça vous emmerde, zappez!

    Mais bon, Gaëlle a commencé une nouvelle garderie depuis le début de la semaine. Et ça se passe merveilleusement bien... Tout le monde autour de moi s'exclame : « Mais c'est merveilleux ça! Ça doit te soulager ! » Non justement, ça ne me soulage pas du tout. En fait, elle m'épate. En deux jours, elle a charmé toutes les éducatrices et elles la connaissent toutes par son prénom. Elle mange assise à table, accepte de se faire mettre de la crème solaire et boit tout son lait sans rechigner.

    Quand je la quitte le matin, pas question de l'arrêter 20 secondes pour un gros poutoux bien baveux à sa mamouille! No! Madame! À peine un « awar » de la main et si possible sans tourner la tête, ça déconcentre.  C'est « tit » pas beau ça m'dame Machin? Image IDYLIQUE! Elles rêvent toutes de ça! Enfin, c'est ce qu'elles disent tout haut! Une enfant parfaite qui sait être mignonne, adorable quoi!

    Mais merde! Ça veut dire que d'autres adultes profitent de ÇA! D'autres adultes comblent ma fille au point d'en oublier qu'on va passer TOUTE la journée sans sa MAMOUILLE chérie qui est si douce et aimante.

     

    Moi, pendant qu'elle balance des bouteilles vides de savon à vaisselle à travers la pièce, pendant qu'elle compte les oiseaux qu'elle voit en poupon-bus avec Maryyyyyyyyyyse (elle est merveilleuse et ça me fait chier), MOI, moi qui ai sué sang et eau pendant 17 heures pour la mettre au monde, JE ME MORFONDS mesdames et messieurs! Oui! Je me demande toutes les 7 minutes si elle va bien, si elle s'est écorché un genou, si elle m'a demandé quand j'ai fermé la porte, si on lui a servit un truc qu'elle n'aime pas pour le dîner (déjeuner).  Comment fait-elle pour se rassurer quand elle se sent insécure ?

     

    Mouais, c'est dramatique de se rendre compte qu'on a fabriqué une enfant qui se meut dans la vie comme poisson dans l'eau sans aide. Ouaip, dramatique... Je suis ce genre de mère qui aurait bien aimé que SON monde tourne encore un peu plus longtemps autour de MON nombril.


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  • Dans un temps ancien pour les gens de ma génération, le summum du romantisme, c'était de partager un lait fouetté avec DEUX pailles. On se regardait, les yeux dans les yeux à fantasmer. Parce que fantasmer, c'était pas mal le plus qu'on pouvait faire.

     

    Partager, que veut dire ce concept aujourd'hui pour un couple moderne ? Mettre ses sous-vêtements dans le même tiroir ? Partager les tâches : Je fais le repas et tu passes l'aspirateur ? Partager la facture : Je paie le téléphone et toi l'électricité ? Partager le confort : Entremêles sur une causeuse deux mètres2  ?

     

    À nos débuts, M51 et moi avions une seule commode, un seul placard pour mettre nos fringues, une seule pharmacie pour mettre nos p'tits pots, une seule causeuse. Mes petites culottes blanches côtoyaient ses caleçons colorés, ses pantalons au pli bien fait côtoyaient mes chemisiers de lin froissés, mes petits pots de crème côtoyaient ses liquides de verre de contact.

     

    Mais nous sommes arrivés ici. On y trouve deux placards, deux pharmacies et nous avons acheté deux causeuses. Du coup, on ne s'engueule plus pour les souliers lancés négligemment dans le fond du placard, plus de grognements parce que mes p'tits pots envahissent ses fioles et nous regardons maintenant des films chacun sur notre canapé, question de confort.

     

    Du coup, pourquoi allions-nous nous  affronter ? Tranquillement, c'est le tapis de bain qui a pris le relaie. Puis ce fût le dentifrice que je ne rebouchais pas, la lessive qu'il ne fait pas comme je voudrais, puis le triage des déchets verts que je ne fais pas comme il le voudrait et la vaisselle qu'il ne fait jamais assez vite...

    Finalement, j'aimais mieux lorsqu'on partageait le placard, le tiroir, la pharmacie, mais surtout le canapé...


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  • Nous sommes toutes sorties du ventre de notre mère.
    Nous avons toutes grandies, appris à marcher dans une direction qui devait nous mener à aujourd'hui. Nous avons toutes espérées que le chemin que nous empruntions, aussi vallonneux soient-ils, aussi sinueux soient-ils, cahoteux ou boueux soient-ils, nous mènerait à bon port, peu importe où se trouvait celui-ci.

    Des millions de fois depuis ce jour où nous avons ouvert les yeux pour la première fois, nous avons rencontré des fourches, des carrefours, des culs-de-sac. Prendre à gauche ? Continuer tout droit? Faire demi-tour ou créer un nouveau sentier? Aucune carte pour nous aider, pas de meilleure route, pas de meilleur itinéraire.

    Nous avons pris le chemin toutes les trois vers la ville dans l'espoir de retrouver un chemin que nous empruntions autrefois ensembles.

    Nous avons sillonné la ville de haut en bas et d'Est en Ouest à la recherche des mêmes lumières, des même fou-rire. D'aller-retour en va-et-vient, nous arrivions bien à retrouver des parcelles de sensations, mais rien de comparable...
    Après être entré dans un bar de nos souvenirs, rien là-bas ne ressemblait à nos souvenirs.

    Nous avons terminé la soirée, assises dans l'herbe d'un parc de la banlieue à boire de l'eau gazeuse et à rêver d'autre chose. Nous en sommes venues à la conclusion que devant nous se trouvait un de ces fameux culs-de-sac. Nous avions tenté de faire demi-tour et mais devant nous s'étendait une plaine sans chemin et que c'était à nous de gravir la colline pour trouver un nouveau chemin.
    La prochaine fois, c'est SPA maison...



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    Il y a une chanson de Cali qui pose cette ritournelle : « C'est quand le bonheur ? » À cette question, je réponds : « C'était entre le 17 et 21 juillet 2005 » Accessoirement, ça se préparait depuis un certain temps déjà et je ne serais pas contre que ça se poursuive.

    Nous sommes allés faire notre pèlerinage annuel au pays de mes souvenirs d'enfance. Ah! Kamouraska... Mes parents y ont rénové le chalet que ma grand-mère avait acheté pour une bouchée de pain. Depuis, chaque année, je vais faire le plein.

     

    Mais cette année, je ne pouvais pas seulement imaginer ce qui m'y attendrait. Ma fille a fait sa petite niche dans ce décor idyllique. Il faut savoir que Kamouraska, c'est le fleuve large avec ses marées bordé de cailloux et de buttons majestueux.

     

    Avec son grand-papou qu'elle appelle affectueusement « pou » et sa mamie Danielle, ils ont tous les trois renoués avec les câlins et le fou-rires. Avec nous, elle a renoué avec les moments où le temps s'arrêtent. La regarder farfouiller dans les fleurs sauvages qui bordaient la petite terrasse où nous allions prendre notre café en attendant que la maisonnée s'éveille et la voir faire son petit numéro de la coquette devant les clients qui n'avaient pourtant pas cru à un tel spectacle. La voir s'encadrer de la fenêtre de notre chambre et regarder son « pou » travailler sur le cabanon. La voir s'ébattre toute nue fuyant le boyau d'arrosage que son « pou » pointait sur elle, se cassant la figure sur l'herbe mouillée et se relevant dans un fou-rire incontrôlable. C'était de la voir, quand son « pou » réclamait une pause bisous, distribuer à qui voulait bien, une volée de bisous baveux.  C'était de la voir avaler des fraises sans reprendre son souffle. La voir encaisser les vagues de la mer qui s'abattaient sur elle d'un œil sérieux essayant d'éviter la tasse. La voir farfouiller dans les cailloux de la plage. C'est ce moment que j'ai préféré. Elle était assise sur la plage, à 5 ou 6 mètres de nous, sans inquiétude tant qu'elle nous avait dans son champ de vision et elle scrutait attentivement les petits cailloux. Elle se levait pour nous suivre et elle tombait un peu plus loin et sa prospection se poursuivait.

     

    Moi de mon côté, je me suis baignée dans la mer comme je ne l'avais pas fait depuis les années 80. D'ailleurs, mon visage s'en souviendra longtemps...


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